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Préparer un ultra de 80 km

Douze à dix-huit heures, une nuit à traverser, quatre à cinq mille mètres de montée. La distance où la préparation cesse d'être seulement physique.

Ce que quatre-vingts kilomètres exigent en plus

À ce format, trois sujets prennent autant de place que l'entraînement lui-même : la nuit, le matériel et la tête. On court quand on a sommeil, on porte une liste d'objets obligatoires qui pèse, et on traverse des passages où l'envie d'arrêter est une donnée physiologique, pas une faiblesse de caractère.

En kilomètres-effort, une telle course pèse cent vingt à cent trente. Cela veut dire qu'une semaine de pointe de la préparation représente à peu près la charge de la course elle-même — mais étalée sur sept jours, ce qui est toute la différence.

Une préparation en cinq à six mois

Vingt semaines est un plancher, vingt-quatre une norme. Avant elles, il faut déjà une base : avoir bouclé un cinquante kilomètres, ou au moins tenir six heures d'effort en montagne sans que ce soit un événement.

Le calendrier compte une course intermédiaire, placée huit à dix semaines avant l'objectif. Elle sert de test grandeur nature pour la nutrition, le sac et la gestion d'allure — et elle donne au moteur du plan de quoi recalibrer ce qui suit.

S'entraîner à la nuit et à la fatigue

Deux ou trois sorties de nuit dans la préparation suffisent, mais elles sont indispensables. Courir à la frontale change la foulée, rétrécit le champ de vision, ralentit la descente et fatigue autrement. Le découvrir à la vingtième heure d'une course n'est pas le bon moment.

Les enchaînements de week-end sont ici le cœur du travail : cinq heures le samedi, trois le dimanche, sur du terrain qui monte. C'est ce qui apprend au corps à puiser dans les graisses et à la tête à repartir sur des jambes qui protestent.

Le matériel, qui est aussi un entraînement

La liste obligatoire — veste imperméable à coutures étanches, couverture de survie, réserve d'eau, frontale et sa rechange, gobelet, téléphone — se porte à l'entraînement, dans le sac de la course, dès le bloc spécifique. Un sac de six kilos change la foulée et frotte aux endroits qu'on ne soupçonnait pas.

Les chaussures de la course doivent avoir couru au moins deux cents kilomètres avant elle, et pas mille : neuves, elles blessent ; usées, elles n'amortissent plus la descente.

L'affûtage, trois semaines

Le volume tombe des deux tiers sur trois semaines, l'intensité reste courte. Les sensations deviennent souvent mauvaises au milieu de l'affûtage : c'est le signe attendu, pas une alerte.

La dernière semaine sert au sommeil et à l'hydratation. Ce qui n'est pas construit à ce stade ne le sera plus ; ce qui est construit peut encore s'abîmer.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Passer directement du 25 km à l'ultra sans étape intermédiaire.
  • Ne jamais courir de nuit avant la course, et perdre deux heures à tâtonner à la frontale.
  • Préparer la nutrition pour six heures alors que la course en durera quinze.
  • S'entraîner sans le sac chargé, et découvrir les frottements au trentième kilomètre.
  • Arriver au départ en surcharge parce que l'affûtage a été jugé « du temps perdu ».

Où courir ce format en Suisse

Eiger Ultra Trail
Ses grands formats dans l'Oberland bernois, sous les faces nord de la Jungfrau.
Swiss Peaks
Une gamme de distances qui traverse le Valais du nord au sud, jusqu'à l'extrême.
Les formats de Chamonix
La TDS et la CCC, autour du Mont-Blanc, à une heure et demie du Valais.

Et si le plan se calculait tout seul ?

Tout ce qui précède, Paceforge le fait à partir de ta course, de tes disponibilités et de ta fréquence cardiaque maximale : les semaines jusqu'au jour J, séance par séance, avec la raison de chacune, et les ajustements quand la vie s'en mêle.

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