Mille mètres de montée, entre trente minutes et une heure, sans un mètre de plat. La course la plus courte du trail — et de très loin la plus violente.
Le kilomètre vertical ne récompense ni l'endurance, ni la technique de descente, ni la nutrition. Il récompense une seule chose : la puissance qu'on peut soutenir au seuil pendant trente à soixante minutes, en montée raide, souvent en marchant.
La donnée qui le résume est la vitesse ascensionnelle — la VAM, en mètres de dénivelé par heure. Un coureur entraîné tourne autour de mille à mille deux cents mètres par heure sur un tel effort ; les meilleurs dépassent deux mille. C'est le chiffre à faire monter, et le seul.
Au-delà de vingt-cinq pour cent de pente, marcher coûte moins cher que courir pour la même vitesse ascensionnelle. Sur un kilomètre vertical, la quasi-totalité de l'effort se fait donc en marche rapide, mains sur les cuisses ou aux bâtons.
Cette marche s'entraîne comme une allure de course : mêmes séances, même surveillance de la fréquence cardiaque, même travail de cadence. Un coureur qui n'a jamais entraîné sa marche perd plusieurs minutes sans jamais comprendre où.
Deux séances de qualité par semaine, et rien d'autre en dur. La première est un travail au seuil en côte : trois à cinq fois huit à douze minutes à quatre-vingt-cinq pour cent de la fréquence cardiaque maximale, sur une pente qui ressemble à celle de la course, avec une récupération en descente tranquille.
La seconde est de la force spécifique : des répétitions courtes et très raides, deux à quatre minutes, en poussant sur les jambes plutôt qu'en accélérant la cadence. Le reste de la semaine reste en endurance facile — sans quoi rien ne se récupère.
Le renforcement pèse plus lourd ici que sur n'importe quelle autre distance. Mollets, fessiers, chaîne postérieure : ce sont eux qui poussent.
Quand ils sont autorisés, les bâtons rapportent cinq à dix pour cent sur un kilomètre vertical. Ils se travaillent : mal utilisés, ils coûtent de l'énergie sans rien rendre.
Ils s'entraînent sur toutes les séances de côte du bloc spécifique, jamais découverts la semaine de la course.
C'est la préparation la plus courte du trail, parce que la contrainte est cardiaque et musculaire plutôt que d'endurance. Huit semaines suffisent à quelqu'un qui court déjà régulièrement ; douze permettent d'ajouter un vrai bloc de force.
L'affûtage tient en cinq jours : deux séances courtes et vives, du repos, et le jour J on part vite — sur un effort d'une demi-heure, la gestion prudente coûte plus qu'elle ne rapporte.
Tout ce qui précède, Paceforge le fait à partir de ta course, de tes disponibilités et de ta fréquence cardiaque maximale : les semaines jusqu'au jour J, séance par séance, avec la raison de chacune, et les ajustements quand la vie s'en mêle.